08 août 2017 ~ 0 Commentaire

Paris, du 4 au 8 août 2017

Quelle sombre malédiction pèse sur Paris ? Des centaines de milliers de personnes y passent quotidiennement, mais sans disposer de la faculté d’y séjourner. Décollage par le premier avion, entre 6 heures et 6 heures 15. A l’atterrissage, sans transition, filer jusqu’au lieu de la réunion convoquée impérativement pour 9 heures, avec un peu de chance 9 heures 30. Un semblant de repas sera englouti aux alentours immédiats du lieu de la rencontre, quand ce n’est pas un plateau sur place. Enfin, à 17 ou 18 heures, cap à nouveau vers l’aéroport et dare-dare pour être assuré de ne pas rater le retour et de dormir chez soi. De nos jours, le rythme n’a rien de forcément insoutenable, mais quel gâchis lorsqu’on pense aux milliards de choses qu’il serait si agréable de faire, simplement pour le plaisir. Bien sûr, c’est à ce qu’on dit la ville la plus visitée du monde et pourtant…

 

Allez ! Cette fois, c’est décidé ! Et c’est un vrai bonheur ! Le prochain cadeau sera un week-end de quatre jours dans la capitale française, haut lieu de notre Zoneurie !

 

5 août

Comme c’est le plein été, tout commence par une visite au Parc floral de Paris. Pourquoi spécialement l’été ? Chaque année, depuis 20 ans (le bel âge !) la Mairie de Paris offre dans le cadre grandiose du Parc floral, un festival de musique intitulé « Classique au Vert ». Autrement dit, non seulement vous avez accès, pour la modique somme de 2,50 € par personne, à l’ensemble du Parc, promenades, pavillons, étangs et volatiles, collections d’essences, raretés botaniques… Mais en plus, vous pouvez accéder, toutes les fins de semaine du 5 août au 17 Juin, à des dizaines de concerts, d’ateliers, d’animations et d’espaces de découverte de la musique. Une manifestation à la fois remarquable et unique par son style, ses ambitions et son état d’esprit. Votre journée type, si l’envie vous en prend, se déroulera de la manière suivante : à partir de 11 heures, si vous êtes amateur de musique, éclairé, pratiquant occasionnel ou simplement curieux, vous participerez à un concert dans le cadre de la Scène amateur, sur la scène, en tant qu’artiste, ou dans le public. Vous pourrez ensuite pique-niquer dans un espace à votre convenance, avec les provisions que vous aurez pris soin d’emporter avec vous ou dans une des buvettes à votre disposition. Mais toujours dans un cadre de somptuosité verdoyante, fleurie et multicolore. Avant de vous rendre au concert de l’après-midi, en flânant dans un soleil caressé par la brise, vous passerez peut-être à la présentation Avant-concerts, qui vous permettra de faire connaissance , de manière éclairée, avec les oeuvres interprétées lors du concert à suivre, sur la grande scène. Thomas Jacquet détaillera quotidiennement à votre attention les oeuvres, mais aussi les auteurs, les interprètes, les biographies et tout ce qui pourra concerner le programme.

 

Or, ce samedi 5 août comporte quelque chose de très particulier, dans le programme annoncé et intitulé Chambre avec Vue. Précédant l’exécution de la 4ème symphonie et du 4ème concerto pour piano et orchestre de Beethoven figure une œuvre qu’il aura assurément fallu une bonne dose d’audace pour placer là : le concerto pour percussions et orchestre « Muevete, Janus… » de Arturo Corrales, compositeur né en 1973 à El Salvador. Le tout est confié aux soins experts de l’orchestre de chambre Suisse Geneva Camerata, sous la direction du jeune pianiste et chef David Greilsammer. Eh ! Bien ! Cette œuvre est une merveille. Le compositeur est dans l’assistance et reçoit un accueil qui, s’il est visiblement partagé (une partie du public refuse d’applaudir) ne s’en avère pas moins enthousiaste. Les adeptes de l’audition pure pourront toujours déplorer les composantes visuelles et scéniques, introduites comme pour consolider l’œuvre musical, comme s’il souffrait de quelque faiblesse… Maquillages, jeux de scène, gestuelle… L’interprétation n’en a nullement besoin et pourrait fort bien se contenter de la sobriété et du dépouillement d’une concentration sur la seule partition, lumineuse et sûre d’elle… conquérante. Mais enfin, c’est ainsi que le concerto est présenté et il n’y a nulle raison de le regretter. Une après-midi et, par-delà toute temporalité, une œuvre qui mérite largement le déplacement !

 

https://classiqueauvert.paris.fr

http://arturocorrales.com

https://m.youtube.com/watch?v=sv1szpzVtJU

 

6 août

L’opéra Garnier concentre pratiquement à lui seul tout ce que la France moderne et la République comptent comme sens de l’institutionnel, partant comme sens de l’Ordre. Comment, quoiqu’on en pense, passer à côté d’une telle monumentalité ? L’histoire en est contée salle après salle, depuis le hall des abonnés jusqu’au fumoir de l’Empereur et à la boutique, en passant par la loge du Fantôme, la rotonde des glaciers, les salons du Soleil et de la Lune… C’est toute la Nation bien-pensante qui défile dans vos oreilles et sous vos yeux, même s’il est difficile de s’y impliquer autrement qu’en y déambulant passivement.

 

https://www.operadeparis.fr/visites/palais-garnier

 

Dans la période, vous pouvez aussi visiter l’exposition consacrée aux relations complexes entre Mozart et la France, intitulée « Mozart, une passion française ». Manifestation passionnante, c’est le terme, notamment parce qu’on y apprend que Mozart fut longtemps successivement méprisé, utilisé, instrumentalisé par les institutions musicales françaises et ceux qui en tiraient pouvoir et profit. Loin de reconnaître en lui la plus petite once  de progrès ou ne serait-ce que d’expertise, chacun l’employait au service de ses propres stratégies, n’hésitant pas à adapter ses oeuvres dans l’air du temps parfois sans scrupules. Suprême paradoxe, ces réécritures font désormais date et sont partie intégrante de l’histoire de l’œuvre elle-même de Mozart. Il est vrai aussi, toutefois, que dans le même temps ont toujours existé des esprits suffisamment éclairés et déterminés pour percevoir et promouvoir d’emblée le génie musical du personnage, sa vertigineuse soif de liberté, son sens aigu et insolent, même, de l’innovation… sans céder aux sirènes de l’intérêt ou des modes. Partitions originales, costumes de scène, instruments et accessoires, tableaux, gravures, témoignages, extraits chantés… Un abondant matériel vous guidera dans la découverte et la connaissance des débats du temps, depuis les premières compositions du prodige jusqu’à plusieurs décennies après sa mort, pour comprendre les relations ardentes, parfois contradictoires et toujours si riches entre ce fils d’Europe et sa dimension française.

 

https://www.operadeparis.fr/magazine/mozart-une-passion-francaise

https://quefaire.paris.fr/26391/mozart-une-passion-francaise

http://www.telerama.fr/sortir/mozart-et-paris-je-t-aime-moi-non-plus,159591.php

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